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 coliques : Suivi d'un cas pathologique

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letback74
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Mar 18 Fév - 9:07

pétard...mais c'est une chaude celle-là !!!  Laughing Laughing Laughing 
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Jeu 13 Mar - 0:28

bon. De retour de Haute Savoie. J'ai revu Georgia, mais de loin, même si elle m'a appelé, j'ai pas pu...on va dire m'épancher avec tendresse sur elle.
C'est dur de quitter une partie de ses chevaux. Encore plus, ceux avec qui on a combattu pour les maintenir en vie.

Je mets une plombe pour écrire vu mon doigt fracassé, donc excuses plates s'il y a beaucoup de fautes de frappes... albino 

Le ratio alimentaaire de Georgia est hyper simple : Fibres non flatulentes, ne la privant surtout pas d'oligo éléments essentiels dont pour elle, le sélénium qu'elle ne fixe pas et qui pour la majorité des coliquardes féminines chroniques, est une cause primordiale des coliques...

1L matin et soir d'alfa-a agrémenté d'une grosse poignée de maïs concassé grossièrement.

Pourquoi le maïs ? parce qu'il fait saliver. Et que la salive calme les sucs gastriques.

De plus en période hors herbe OU herbe jeune chargée d'azote...comme maintenant par exemple, 35kg de foin. Distribué pour elle le matin en box, à la mi journée en pré et le soir en box. (1x15, 1x5 et 1x15).
Pour des cas comme elle ou comme la tienne, la fraction des repas est essentielle et...vitale : Toujours en relation avec la surproduction de sucs gastriques.

J'aurais voulu un autre mélange de céréales, plus équilibré, du style alfa-a, avoine noire et pois fourrager. Mais en haute savoie, l'on ne trouve pas du tout les deux derniers éléments.

Avec cette dose de maïs, elle n'a pas grossi. Donc, tant mieux.

Deux fois par an, elle suit une cure de sélénium en complément à haute dose, vu qu'elle ne le fixe pas facilement.

Voilà napo, j'espère que tu n'as perdu patience face à mon absence et que ta jument se porte bien.

Ah...on a pris le parti depuis fort longtemps de l'éloigner totalement des mâles, même castrés.

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Napo
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Jeu 13 Mar - 1:48

35 kg de foin !!! Alors là, j'en reste bouche bée ! J'ai déjà du mal à faire garder la ligne à Unica avec moins de 10 kg de foin...

Bon, moi j'avoue être partie dans une tout autre voie, mais je l'expose ici parce qu'elle pourra donner quelques pistes. J'avoue, je suis nulle en nutrition, je n'ai jamais su calculer une ration, j'ai toujours cru devoir faire confiance à mes animaux (à tort, notamment pour les chevaux qui ne savent pas toujours ce qui est bon pour eux...).
Bref, je suis incapable de dire exactement ce que je donne en foin aux chevaux, car cela varie en fonction de la saison, de leurs envies. Quand il y a de l'herbe, ils boudent le foin, donc j'en mets moins ou plus du tout (en gros, ils n'ont du foin que 3 à 4 mois dans l'année, l'hiver). Quand il n'y a plus assez d'herbe, ils mangent leur foin, et j'ajuste en fonction d'eux, en observant s'ils dévorent tout ou s'ils en laissent.

Pour en revenir aux coliques d'Unica, je suis partie du principe qu'elles ont deux causes : les fragilités de son système digestif très endommagé par ce qu'elle a pu vivre de 0 à 3 ans, et son mental.
Concernant son système digestif :
- Unica reçoit des "coups de pouce" réguliers, sous la forme de cures. Parmi ce qui a l'air de bien fonctionner pour elle, il y a notamment l'aloé véra, le Germ Tonic et diverses plantes comme le thym, le plantain etc.
- J'accorde aussi une attention toute particulière au parasitisme. Les coproscopies régulières me montrent qu'en vivant sur le même terrain que son copain, et avec le même programme de vermifugation, elle est toujours plus parasitée, surtout si l'émotionnel s'en mêle. Ainsi, la coproscopie faite après le décès du vieux poney a montré un retour chez elle des petits strongles, qui avaient disparu depuis presque trois ans... Tant que son taux de parasites reste correct, Unica est vermifugée avec des vermifuges doux, naturels (achetés dans le commerce ou faits maison), mais tous les mois. Elle ne reçoit un vermifuge chimique qu'en cas de sur-infestation. Et les pâtures sont nettoyées quotidiennement bien sûr.

Concernant le mental : Unica, du fait de son passé un peu difficile, est arrivée chez nous complètement obsédée par la nourriture. Elle était vraiment violente envers les humains et les chevaux quand il s'agissait de son tas de foin. Nous avons énormément travaillé sur ce point. Il a aussi fallu installer des rituels sécurisants, mais essentiels pour elle : le foin doit être éparpillé en de multiples petits tas dans le pré, de façon à ce qu'elle soit assurée d'en avoir toujours un disponible au cas où elle serait chassée du sien. On m'avait conseillé le filet à petites mailles pour la forcer à manger lentement (elle mangeait trop vite au début), mais ce foin enfermé dans des mailles la stresse énormément. Mettre un round-ball en libre accès dans le pré serait également épouvantable, car elle se sentirait obligée d'en défendre farouchement l'accès aux autres... Depuis que j'ai introduit ce système des petits tas éparpillés, elle mange infiniment plus sereinement.
Tous les soirs, les chevaux ont aussi un seau contenant à peine un demi-litre de céréales (souvent de l'orge germée) et quelques fruits ou légumes, qui me sert à faire passer les différents compléments (notamment les plantes régulatrices pour les ovaires). Pour Unica, la distribution du seau était un gros moment de stress. Là encore, un rituel s'est imposé : les chevaux doivent manger à une grande distance les uns des autres ; je dois rester à côté d'Unica jusqu'à ce qu'elle ait terminé son seau et faire mine de chasser vigoureusement quiconque s'approcherait. Ce que je dis peut paraître un peu ridicule. Pourtant, cet hiver nous n'avons eu droit qu'à une seule mini-colique (durée totale : 7 minutes), un jour où j'étais pressée et où je l'ai laissée seule le nez dans son seau pendant que j'allais remplir l'abreuvoir. Je suppose qu'elle a mangé très vite en jetant des regards aux autres, prête à bondir si l'un d'eux s'approchait, et cela a suffi à déclencher une colique.

Evidemment, je surveille toujours Unica comme l'huile sur le feu, mais je dois dire qu'avec ce système, je suis tout de même plus sereine : d'une bonne dizaine de coliques le premier hiver (hiver 2011-2012), nous sommes passées à quatre coliques l'hiver dernier, et un seul début de colique cet hiver (c'était à la fin du mois de novembre plus précisément). On progresse donc.

Maintenant, la question demeure : tout ceci est-il directement lié ou non aux problèmes ovariens ? Oui et non. Il est probable qu'un dysfonctionnement ovarien entraîne un dysfonctionnement intestinal, et c'est logique, d'un point de vue anatomique. Il est certain aussi qu'une jument qui souffre parce que l'un de ses ovaires fait le double de la taille normale et tire sacrément sur le dos est énervée, stressée, comme toute personne atteinte d'une douleur chronique. Et chez le cheval, le stress se manifeste très souvent par des troubles digestifs. Actuellement, les coliques d'Unica sont devenues très rares. Mais ses douleurs ovariennes demeurent.

C'est donc notre priorité actuelle. Je viendrai faire un point sur la suite, puisque nous sommes en train d'y travailler, que je n'ai pas encore de recul, et surtout, que je ne sais pas encore si cela va fonctionner.
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Jeu 13 Mar - 10:01

Ta méthode de dispatching de petits tas de foin est excellente,elle remplace le fractionnement des repas.
Par contre, penser peu donner pour ne pas grossir est faux, et l'on a fait pendant longtemps la même erreur que toi, jusqu'à que l'on comprenne que l'on n'était pas sur la bonne piste.

Il faut en fait viser l'équilibre alimentaire en cmd et oligo éléments. Et préférer de loin des céréales qui favorisent la salivation, ça c'est hyper important.De plus, le maïs est dur, donc oblige à une forte mastication (engendrant une bonne salivation) et ralentit le rythme des chevaux gloutons.

L'adjonction de fruits et légumes n'est pas bonne et là, je suis catégorique : Trop de fibres indigestes, ballonnements et souvent aussi trop de sucre (je pense aux fruits) qui va charger le sang bien inutilement. L'on va donc solliciter un travail d'estomac intense qui va produire du coup trop de sucs gastriques, néfastes par exemple pour les ulcéreux.

En outre, tu dis que l'argile a tendance à la constiper. Or, l'argile ne constipe pas, mais protège les parois digestives comme un pansement, un musilage végétal.Cela démontre bien les troubles digestifs de ta jument.

En outre, sur tout le territoire français, l'herbe est devenue totalement carencée, essentiellement en sélénium.

C'est devenu à tel point critique, que les éleveurs notamment doivent faire face à de plus en plus de troubles de fécondité, d'avortements, de dérèglement de courbes de chaleurs des juments, tant cette carence touche le cycle ovarien.

Que le système digestif et le système on va dire plus largement, de reproduction soient liés est un fait. Maintenant, qui engendre un trouble sur l'autre ?

Comme pour ta jument, Georgia a un ovaire énorme, ok. Mais...ce n'est qu'à partir du moment où, lorsqu'on a commencé à travailler sur ses carences démontrées par analyses médicales démontrant ce manque drastique de sélénium et qu'il s'est avéré qu'elle était réellement allergique à l'orge, que l'on a pu enfin maîtriser ses coliques.

En rectifiant le tir sur son équilibre alimentaire, il n'y a pas de miracle.

J'ai demandé à mon ex de me scanner son dossier d'analyses, j'espère le recevoir d'ici peu et te le mettre ici.

Enfin, en ce qui concerne le mental, en fait je suis assez tombée de haut...ayant pris pendant longtemps le problème à l'envers : Ce n'est pas le mental qui engendre des troubles organiques, mais les dysfonctionnements organiques par contre créent les troubles du comportement.
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Jeu 13 Mar - 20:55

Très intéressant, tout ça ! Passionnant même.
J'avoue que je ne me suis jamais penchée sur cette question de carence en sélénium, et ce sera sans doute la prochaine étape.
Sur la question du mental qui prime ou non sur le physique, je suis d'accord aussi, mais le cas d'Unica est un peu à part : elle a réellement été très carencée, pratiquement pas allaitée, pratiquement pas nourrie pendant plusieurs mois tout au début de sa vie : elle en a gardé longtemps des séquelles psychologiques. La peur de manquer même quand elle voyait qu'il y avait de tout en abondance a été difficile à faire passer. J'ai pu parler avec l'éleveur qui avait racheté sa mère, et elle avait, comme Unica, des réactions très violentes face à la nourriture (elle était d'ailleurs nourrie dans un paddock à l'écart). C'est derrière nous maintenant : Unica a fini par comprendre qu'il y aurait toujours assez pour tout le monde.

En tout cas, la question des coliques chez Unica, sans être réglée car le risque d'une colique reste toujours présent, est tout de même passé en arrière plan. Je vais donc me contenter de quelques ajustements sur le plan alimentaires et voir ce qu'il en est du maïs (qu'on m'avait déconseillé... trop gras ?). En ce qui concerne les fruits et légumes, les quantités données sont très faibles, donc les enlever ne devrait pas changer grand chose.

J'ai déjà donné de l'argile en pansement gastrique, et Unica en raffole. Mais on conseille souvent de ne pas donner plus de huit jours. Qu'en penses-tu ?
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Ven 14 Mar - 10:04

en fait cela dépend. Notre vieux pimpin qui va sur ses 33 ans a eu une petite diarrhée récurante durant plus d'un mois cet hiver.
Mon ex m'a alors contacté pour trouver une solution afin qu'il ne continue pas à maigrir. Du coup il a été sous argile durant près de 2 mois, du temps que l'iléus ne soit plus enflammé.

En cas de reflux gastrique éventuel, bien souvent une prise journalière sur 5 jours est suffisante.

Certains chevaux qui souffrent d'ulcères non cicatrisés doivent quant à eux en ingurgiter tous les jours.

Il s'agit plus du dosage que du nombre de jours qui est important, et également la qualité et la sorte d'argile.

Mais effectivement, un musilage végétal bien que non allopathique, n'est pas innocent non plus : Il peut également pousser un estomac à devenir un peu paresseux.
Pour ceux qui produisent trop de sucs gastriques, on pourrait alors parvenir à un estomac qui n'en produirait pas assez.
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Ven 14 Mar - 10:29

Tiens, je me réfères à ce topic, cela devrait t'intéresser napo. Les deux liens qui s'y trouvent sont très révélateurs.

http://sabotssimeteys81.forumactif.com/t816-alimentation-et-gestion-des-patures#17569
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Ven 14 Mar - 17:05

Ah oui, j'ai déjà lu l'article de Marc Defonseca, super bien fait (c'est d'ailleurs une de mes références dans la gestion des pâtures). Petite précision : chez moi, ce n'est que de la prairie naturelle. Je n'ai pas recensé le nombre de variétés, mais il est énorme. Et entre parenthèse, la gestion des pâtures, c'est vraiment un gros casse-tête...
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MessageSujet: Re: coliques : Suivi d'un cas pathologique   Sam 15 Mar - 2:05

...je dirai même plus...un réel enfer !! Imagines...ce n'était déjà pas simple quand j'étais "chez moi"...maintenant que je me retrouve en location...tu oublies !!!!!! Comment expliquer....qu'il faudrait semer plus de trèfles blancs..de fetuc...etc...etc... juste pas possible...donc, j'oublie et je complémente au mieux. tongue 
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